Mon voyage en transsibrien...merveilleux, inoubliable.

11/12/2013 - Mis é jour le 01/03/2014 20:56

À La Tour, le souvenir de nos amies russes a toujours été vivant dans la mémoire des plus anciennes comme moi, Olga, Irène, Marita, Marina… Me lancer dans l’aventure du Transsibérien était un vieux rêve…

Difficile de raconter en quelques ligne un voyage aussi extraordinaire : 8000 kms de Moscou à Pékin à bord de « l’Or des Tsars ».

Embarquement à Moscou dans ce train mythique… Perdre une heure chaque jour, avancer dans le temps à la découverte de cette Sibérie légendaire dans un train confortable, le wagon restaurant très Orient-Express, des couloirs spacieux où l’on se croise en dépit du roulis et du tangage du train, tout cela devient vite une habitude.

Premier arrêt à Kazan (république autonome de forte tradition musulmane), son kremlin, sa mosquée toute neuve, la cathédrale de l’Annonciation au bel iconostase, descente de la Volga.

Puis départ vers l’Est, franchissement de l’Oural, paysage vallonné de la taïga jalonnée de bouleaux, de mélèzes et de pins. De chaque côté de la voie, en lisière de bois, de nombreux villages d’isbas en bois aux volets colorés, entourés de petits potagers, où l’on voit les habitants soigner leur jardin.

À Iekaterinbourg, la ville a retrouvé le nom que lui avait donné Pierre le Grand pour honorer son épouse Catherine Ière, après s’être appelée Sverdlovsk pendant la période soviétique. Cette grande ville qui marque l’entrée en Asie et dont l’un des deux fondateurs est l’aïeul de Jacques Tati, est marquée par le souvenir du massacre de la famille impériale et plus récemment par la mémoire de leur grand homme politique, Boris Eltsine. Il fut longtemps gouverneur de la région où il conserve une aura particulière auprès de ses habitants ; sa statue en bronze sur la Place du Gouvernement en témoigne. C’est d’ailleurs lui qui, avant 1989, fit raser la Maison Ipatiev car, à son goût, trop de russes, pourtant encore soviétiques, venaient s’y recueillir et y déposer des fleurs. C’est encore lui qui, après que le vent eut tourné, fit élever sur l’emplacement de l’assassinat de Nicolas II et de sa famille un magnifique sanctuaire orthodoxe, la cathédrale du Sang-Versé.

Destination Novossibirsk… Bercés par les vibrations régulières de notre domicile ferré et dans la contemplation de la taïga, nous débarquons le lendemain matin dans la capitale de la Sibérie occidentale, grande ville industrielle d’ un million d’habitants avec son long pont ferré sur l’Ob qui marque l’arrivée du transsibérien inauguré par Nicolas II. Une grande statue du Tsar, édifiée récemment au bord du fleuve, semble veiller sur ce pont vénérable.

Novosibirsk, comme Krasnoïarsk et Irkoutsk que nous visiterons les jours suivants, s’est développée au rythme du transsibérien. Irkoutsk a précédé l’arrivée du transsibérien en accueillant les exilés de l’Empire envoyés toujours plus à l’est pour développer les richesses inestimables et inexploitées de la Sibérie. Parmi ces exilés, le souvenir des décembristes arrivés en 1826 est très présent dans la ville. Un des plus célèbres, le Prince Volskonski, y fut rejoint par sa femme, la princesse Maria. Leur belle maison en bois a été transformée en un musée familial et intime. Nous assistons dans le salon à un court concert de piano aux chandelles qui veut remémorer les concerts que donnait à l’époque la princesse.

Dans la ville les rives de l’Angara retrouvent leur histoire depuis 1990 : des églises toute neuves dont les bulbes dorés étincellent au soleil, des statues de célébrités oubliées, l’amiral Koltchak, Alexandre III …

 En route vers le Lac Baïkal, « la perle de Sibérie », paysage grandiose dominé par les montagnes enneigées. Ce lac est le plus profond du monde, jusqu'à 1600m de profondeur, le volume de ses eaux représente 20% des réserves d’eau douce de la planète. Après avoir dégusté dans un village côtier des « omouls » grillés, poissons particulièrement abondants dans le lac, nous embarquons en bateau pour rejoindre le train. Le lac, image furtive d’abord entre des bosquets de bouleaux, puis vision saisissante de son étendue aux reflets bleus, au pied des neiges éternelles. Arrêt au bord du lac pour un bain proposé aux plus audacieux : 11° avec vodka à la clé, et pique-nique dans ce cadre superbe autour d’un samovar, après avoir été rendre visite à une vieille femme sibérienne installée dans une maison très rustique…

 Oulan- Oudé sera notre dernière étape en Russie. Accueil en musique à la gare par un groupe folklorique, danses… partagées ! La capitale de la Bouriatie, république dite autonome …, est une ville importante (400.000 h.) dont les habitants, comme ceux de Mongolie extérieure, sont de religion bouddhiste et pratiquent le bouddhisme tibétain. À noter que les 47 monastères que comptait la Bouriatie ont été détruits pendant la période soviétique, mais 12 ont déjà été reconstruits. Une des particularités de cette ville industrielle est le soutien technique du matériel roulant du Transsibérien, elle comporte aussi comme beaucoup de ces métropoles régionales des places entourées de bâtiments administratifs, vastes comme des places d’Armes qu’elles furent un temps. Au milieu de celle d’Oulan-Oudé se trouve une énorme tête de Lénine en bronze (11 m. de haut).          

Parmi toutes les statues de célébrités rencontrées sur notre parcours, certaines sont restées, d’autres ont réapparu, mais il faut remarquer l’absence totale de représentation de Staline, passé à la trappe.

L’Or des Tsars nous attend à la gare d’Oulan-Oudé ; celle ci comme d’autres gares du transsibérien sont souvent des monuments néogothiques imposants, peints ou repeints régulièrement en couleurs pastel, jaune, bleue ou rose.

Au lieu de poursuivre vers Vladivostok nous obliquons sur la branche méridionale du transsibérien qui nous conduit à Oulan-Bator. Le paysage a changé, la taïga sibérienne a laissé place à la steppe… des chevaux et une yourte plantée au cœur d’une steppe immense et vallonnée sont des images qu’on ne se lasse pas d’admirer.

Oulan-Bator, qui regroupe la moitié de la population de la Mongolie, se développe très rapidement, comme le reste du pays, et ses embouteillages n’ont rien à envier aux capitales occidentales. Le souvenir de Gengis Khan est omni présent, il est un peu le héros national. Au cours d’une visite en car dans un parc régional, nous avons pu découvrir de magnifiques paysages de steppes et de montagnes, des troupeaux de yacks ou de chevaux.

Notre train russe nous a emmenés ensuite à travers le désert de Gobi jusqu’à la frontière chinoise où nous avons débarqué, pour des raisons politiques peut-être et pour des raisons d’écartement des voies sûrement. Nous avons alors traversé en car un no man’s land de quelques kilomètres, surveillés par des soldats chinois (photos strictement interdites, mais il n’y avait vraiment rien à photographier !!!) pour parvenir à la ville frontière et découvrir un luxueux train chinois, flambant neuf. 

Après une nuit dans le train, nous nous sommes réveillés à Pékin vers 6h du matin, et avons rejoint le parc du Temple du Ciel où une charmante monitrice nous attendait de pied ferme pour le cours de Tai-chi que pratiquaient tout autour de nous des groupes de chinois appliqués.

Deux jours à Pékin : la Cité interdite, les tombeaux des Ming, la Grande Muraille, le Temple du ciel, le Palais d’été etc.

… 15 jours, 8000 kms, mais contrairement à ce qu’on peut imaginer le voyage ne paraît ni long - on circule beaucoup la nuit - ni monotone - la taïga sibérienne avec ses bouquets de bouleaux est claire et d’une grande variété… quand les innombrables trains de marchandises ne masquent pas le paysage !

 

Un voyage merveilleux, inoubliable … !

Jeanne Grenier – Aumonier (promotion 1953)

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